Compte rendu du Symposium AllKidS 2026 «Faire évoluer les tarifs – renforcer l’efficience de manière ciblée»
Quelque 70 cadres dirigeants du secteur de la santé se sont réunis le 7 septembre 2026 au sitem-insel à Berne à l’occasion du 2e Symposium AllKidS. Sous le titre «Faire évoluer les tarifs – renforcer l’efficience de manière ciblée», les débats ont porté sur les premières expériences faites avec le nouveau tarif médical ambulatoire ainsi que sur la manière de définir et de mettre en œuvre l’efficience de façon appropriée dans le système de santé. Des représentantes et représentants du monde tarifaire, de la politique, des hôpitaux, des assurances, de l’économie de la santé et de la médecine ont profité de ce format national pour échanger sur la manière de faire évoluer la médecine pédiatrique face à la forte pression sur les coûts.
Nouveau tarif médical ambulatoire : la médecine pédiatrique au premier plan
Le premier bloc thématique était consacré au nouveau tarif médical ambulatoire et à ses répercussions sur la médecine pédiatrique. Rémi Guidon, CEO de l’Organisation tarifs médicaux ambulatoires OTMA, a présenté les premiers enseignements tirés de son introduction et a expliqué les travaux en cours visant à faire évoluer le système tarifaire global. La médecine pédiatrique fait partie des priorités de développement. L’objectif est de mieux refléter à l’avenir, de manière plus uniforme et plus appropriée, les charges particulières de la médecine pédiatrique. Il s’agit en même temps de concilier l’évolution du tarif avec les exigences pratiques des fournisseurs de prestations.
Michael Bähler, CFO de l’Hôpital pédiatrique universitaire de Zurich, a éclairé la situation du point de vue des hôpitaux pédiatriques. Une part importante des prestations y est déjà fournie en ambulatoire aujourd’hui ; parallèlement, les hôpitaux pédiatriques assurent un nombre particulièrement élevé de traitements d’urgence ambulatoires et stationnaires. L’introduction du nouveau système tarifaire a entraîné de nombreux défis techniques et opérationnels – notamment dans l’articulation entre les forfaits et le tarif à la prestation. Les premières analyses tarifaires montrent que le déficit structurel des hôpitaux pédiatriques ne change guère. C’est en particulier la réduction de la rémunération des services d’urgence dans le TARDOC qui pèse négativement sur le résultat global. Une représentation appropriée des prestations dans les soins d’urgence a donc été désignée comme une priorité centrale.
Kristian Schneider, vice-directeur de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et responsable de l’unité de direction Assurance maladie et accidents, a présenté les conditions-cadres de la phase de neutralité des coûts ainsi que les objectifs de coûts prévus. Une meilleure représentation de la médecine pédiatrique dans le nouveau tarif médical ambulatoire constitue également une priorité pour l’OFSP. Le rôle des partenaires tarifaires et leur autonomie dans l’évolution des structures tarifaires ont par ailleurs été soulignés. Avec les modifications de la loi sur l’assurance-maladie entrées en vigueur, les objectifs en matière de coûts et de qualité vont en outre gagner en importance.
Eliane Kreuzer, directrice de la Communauté d’achat HSK, s’est penchée sur le partenariat tarifaire et le virage ambulatoire. Le transfert de prestations vers le secteur ambulatoire peut constituer un levier important pour garantir à long terme des soins de grande qualité et bien accessibles. Dans la médecine pédiatrique, où une grande partie des prestations est déjà fournie en ambulatoire, la question se pose toutefois de savoir où se situe un potentiel supplémentaire : par exemple dans un transfert accru des traitements stationnaires vers l’ambulatoire, dans des séjours hospitaliers plus courts suivis d’une prise en charge ambulatoire ou dans des traitements à domicile.
Lors de la table ronde qui a suivi, les premières expériences avec le nouveau tarif ont été examinées d’un œil critique. La discussion l’a montré : l’évolution du tarif reste une tâche commune des fournisseurs de prestations, des assureurs et du monde politique.
Efficience : plus que des coûts et des nombres de cas
Le second bloc thématique était consacré à l’efficience dans le système de santé. L’économiste de la santé Pius Gyger a souligné que les conditions-cadres particulières des hôpitaux pédiatriques doivent être prises en compte dans les comparaisons d’efficience. Il s’agit notamment de l’infrastructure nécessaire, des prestations de réserve, d’un large éventail de pathologies avec des nombres de cas plus faibles ainsi que du déficit qui persiste dans le domaine ambulatoire. Selon lui, un benchmarking ne devrait être utilisé qu’avec une différenciation pour les hôpitaux pédiatriques. De plus, un benchmark une fois défini ne devrait pas automatiquement valoir à long terme comme valeur cible immuable. Pour le domaine ambulatoire se pose en outre la question de savoir comment déterminer un fournisseur de prestations réellement efficient. Aux yeux de Pius Gyger, le développement des méthodes correspondantes devrait se faire dans un esprit strictement partenarial.
Pierre Alain Schnegg, président du Conseil-exécutif et directeur de la santé, des affaires sociales et de l’intégration du canton de Berne, a souligné que l’efficience ne saurait être assimilée à des économies. L’essentiel est bien plutôt d’obtenir le meilleur effet possible avec les ressources disponibles. Pour cela, il faut des soins qui fournissent la bonne prestation au bon niveau de prise en charge, une vision de l’ensemble de la chaîne de traitement et un financement qui récompense les prestations pertinentes et évite les incitations inopportunes. En médecine pédiatrique précisément, des exigences particulières doivent être prises en compte. Selon l’âge, les traitements requièrent des processus différents et une communication adaptée. L’implication des parents fait également partie de la prestation. En outre, la disponibilité pour les urgences et l’infrastructure spécialisée doivent être assurées même lorsqu’elles ne sont pas utilisées en permanence.
«Des soins de santé adaptés aux enfants ne relèvent pas d’un intérêt particulier. Ils sont une tâche publique commune. Et ils sont un investissement dans l’avenir de notre société.»
Pierre Alain Schnegg, président du Conseil-exécutif et directeur de la santé, des affaires sociales et de l’intégration du canton de Berne
Peter Indra, responsable Santé chez Sanitas, s’est demandé quel type de soins un tarif devrait réellement encourager : la coordination, la qualité et la prévention sont-elles récompensées ? Le traitement de tableaux cliniques pédiatriques complexes est-il pris en compte de manière adéquate – ou est-ce surtout le volume des prestations fournies qui compte ? En médecine adulte, la standardisation, des nombres de cas élevés et les économies d’échelle peuvent représenter d’importants potentiels d’efficience. En médecine pédiatrique, d’autres conditions s’appliquent toutefois. Ainsi, des nombres de cas plus faibles, une forte hétérogénéité et l’implication des parents et de l’entourage social entraînent des besoins en ressources plus élevés. Ces particularités ne doivent pas être hâtivement interprétées comme de l’inefficience.
Prof. Dr méd. Giovanni Maio, titulaire de la chaire d’éthique médicale de l’Université de Fribourg-en-Brisgau, a complété le tableau par la dimension éthique. Chez les enfants, il ne s’agit pas seulement du traitement immédiat, mais aussi des meilleures conditions de développement possibles et, partant, des chances à long terme de mener une vie épanouie. Selon lui, une prise en charge insuffisante durant l’enfance ne peut pas être facilement compensée plus tard. Dans le même temps, l’efficience signifie aussi éviter une consommation inutile de ressources. La qualité de l’indication est à cet égard déterminante : l’interaction avec l’enfant et sa famille peut contribuer à éviter des interventions inutiles et parfois coûteuses.
Lors de la table ronde finale, les différentes perspectives ont été mises en commun. Les particularités de la médecine pédiatrique et la nécessité d’une approche propre en matière d’efficience sont clairement ressorties.
Le 2e Symposium AllKidS a ainsi relié deux thèmes centraux : l’évolution du nouveau tarif médical ambulatoire doit garantir que les prestations et les charges particulières de la médecine pédiatrique soient représentées de manière appropriée. Parallèlement, la recherche d’une plus grande efficience exige une approche différenciée, qui ne repose pas sur des comparaisons globales ni sur de purs indicateurs de volume et de coûts. Comme si le législateur avait assisté au symposium et en avait tiré les bonnes conclusions, le Conseil des États a décidé, lors de la session d’automne, de maintenir la motion «Pour un financement couvrant l’intégralité des coûts supportés par les hôpitaux pédiatriques pour des prestations efficaces» et de rejeter la proposition du Conseil fédéral de la classer.